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CESROUTE - Une étape pour Philippe LEGER - A step for Philippe LEGER
lundi 14 octobre 2002 , Jean-Olivier Laval, Philippe Leger


A l’occasion de son pot de départ Philippe LEGER répond à Patrick GANDIL - Directeur des Routes - qui vient, avec un peu d’envie, de retracer son épopée d’ingénieur / On the occasion of its leaving event, Philippe LEGER answer to Patrick GANDIL - Road Director - who just finish to describe, with a little bit of envy, the epic of an ingenior

For english speaking people, unfortunately the answer was in french

Une délégation du CESROUTE était là pour accompagner Philippe LEGER dans cette étape / A CESROUTE delegation was there to be with Philippe LEGER for this step

image 125 x 94 image 125 x 94 Lundi 14 octobre 2002 le CESROUTE se présente à l’Arche de la Défense à l’occasion du pot de départ de Philippe LEGER qui est le principal animateur du programme CESROUTE/(monday october 14th, the CESROUTE went to the Arche de la Défense on the occasion of the retiring-event organized for Philippe LEGER


image 97 x 125 Beaucoup de monde s’est déplacé et Philippe LEGER est heureux de dire un mot à chacun / plenty of people was there and Philippe LEGER is glad to receive each one









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image 95 x 125 image 94 x 125 image 94 x 125particulièrement les jolies femmes / particularly the pretty women











Le CESROUTE s’est mis sur son "31" / the CESROUTE was "dressy"
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image 94 x 125 image 94 x 125 image 94 x 125 image 94 x 125













image 125 x 87 Patrick GANDIL - Directeur des Routes - retrace, avec un peu d’envie, l’épopée d’ingénieur de Philippe LEGER/ Patrick GANDIL - Road Director - describe, with a little bit of envy, the epic of ingenior of Philippe LEGER










image 88 x 125Et Philippe LEGER lui réponds comme suit ... / Then Philippe LEGER give his answer as following ...

" On en est enfin arrivé là, à ce dernier exercice de style que j’espère plus mauvais encore que les autres car il ne faut pas donner de regrets. Le funambule doit une fois encore glisser sur le fil sans trop trébucher. Mais les boîtes sont ouvertes où ranger les chaussons et le maquillage ne masque plus les rides.

Tu as, comme il est d’usage dressé un portrait, filé les anecdotes, accumulé les compliments dans le plus pur style persan et à t’écouter je me suis demandé si la rhétorique du discours n’enflait pas trop exagérément la description d’un parcours somme toute et heureusement banal ou si, au contraire elle ne faisait pas l’impasse, forcément, de tout ce qu’il y a d’inexprimable dans une vie, comme ce collectionneur de papillons qui ne juxtapose en de savants tableaux que des insectes morts. En fait tu as, avec le brin de faconde qui fait partie de ton personnage, brossé le portrait d’un individu somme toute très agréable. J’aurais aimé le connaître, je n’ai pas eu cette chance. L’image que je garde de moi est très différente : beaucoup plus modeste et pas toujours très satisfaisante et j’ai conscience que, dans ce à quoi j’ai pu participer, mon rôle a été en général bien minime. Il m’est arrivé d’en souffrir.

Je dirai aujourd’hui, comme il est sans doute également d’usage, que je ne regrette rien ni de ce à quoi j’ai participé, ni de partir maintenant.

Je ne regrette rien de ce qu’avec d’autres j’ai fait non parce que j’y attribue une quelconque valeur, mais parce que, connaissant mes quelques qualités et mes très gros défauts (dont cette allocution est d’ailleurs une illustration), je ne pouvais naturellement que suivre la pente qui m’amène ici en ce jour. Quelqu’un m’a dit une fois que je savais rebondir, mais si chaque rebond a quelque chose d’imprévisible, la balle finit toujours par suivre la ligne de plus grande pente et je ne regrette donc rien parce que, tout simplement, cela ne sert de rien.

On dit que l’herbe est toujours plus verte dans le champ du voisin. J’ai toujours brouté dans mon propre pré, aussi consciencieusement que je le pouvais, en essayant de faire le moins mal possible ce que je croyais devoir faire, et cela suffit.

Je ne regrette pas non plus de partir aujourd’hui, aussi nombreux que soient les amis que je laisse, pour bien des raisons :
- D’abord parce que le régime de jeune homme auquel je me suis soumis très volontairement depuis six ans maintenant commence à me peser. Certes, usure vaut mieux que rouille, mais usure il commence à y avoir
- Parce qu’aussi j’ai l’impression d’avoir, pendant les années qui me restent, bien des choses à faire, de toutes sortes, visiter la France par exemple en suivant les panneaux d’animation, et la plus importante peut-être : raconter des histoires à mes petits-enfants.
- Parce qu’enfin le monde dans lequel je vis maintenant et celui qui s’annonce ne me plaisent guère. L’hypocrisie y est plus florissante que jamais et la vie sous le grand parapluie des puissants pas très reluisante. J’ai envie de prendre un peu de recul. Et peut-être, peut-être pourrais-je dire ou faire des choses que mon état de fonctionnaire m’aurait interdit de dire ou de faire

Lorsqu’un ingénieur des ponts, arrivant à la fin de sa carrière, regarde derrière lui, son premier mouvement est de satisfaction : le réseau routier n’est pas mauvais et ses utilisateurs pas trop mécontents, ce qui dans notre pays est plutôt un bon point, les entreprises sont puissantes, il n’est pas loin de croire comme à la fin de la dernière guerre mondiale que nous disposons du meilleur réseau routier du monde et que tout va pour le mieux.

Est-on pourtant bien sûr qu’il en est ainsi et que des nuages ne s’accumulent pas à l’horizon, que l’on ne veut pas remarquer ? Les choses changent, pas forcément à notre gré, et nous ne voyons, comme il est courant, que ce que nous voulons voir ou, au mieux, ce que nous nous attendons à voir

Les volumes de toutes sortes maintenant en jeu, nombre de véhicules, masses unitaires etc. font apparaître comme notables des effets qui dans les premiers temps pouvaient être considérés comme négligeables, et c’est là toute la problématique du développement durable ; les sachants ne le sont plus, leur savoir étant en général par trop partiel et les citoyens s’en rendent bien compte, abreuvés qu’ils sont d’une information dont l’insuffisance est compensée par l’abondance. Il n’y a donc plus de confiance, il n’y a plus de consensus s’il y en a jamais eu. Où est la légitimité du décideur : celle du dernier ressort ? c’est le problème majeur de la bonne gouvernance comme on dit maintenant.

Et pourtant, les grandes migrations annuelles nous l’apprennent, les gestionnaires africains ou malgaches qui essayent de donner libre accès aux populations isolées nous le rappellent, la route apparaît aujourd’hui comme un besoin, comme un service qu’on attend, " aux uns portant la paix, aux autres le souci ".

La réflexion n’est pas, alors, un long fleuve tranquille, ou ne doit pas l’être. Il n’y a pas là, pas plus là qu’ailleurs, un camp du bien et un camp du mal dont les contours varient au gré des circonstances, mais un ensemble incertain qu’on ne peut juger qu’à partir d’objectifs qui deviennent de plus en plus flous quand le point de vue se veut plus général. Où passent donc nos belles certitudes ? Passons en quelques unes au crible.

La route est un vecteur essentiel de développement Sans doute, mais comme en toute chose il faut voir les deux faces. En Afrique elle apporte à la fois le sida et le médecin. Reste à savoir combien de malades le sida aura tué avant que le vaccin soit inoculé (quand il existera !) La balance a bien longtemps été indubitablement positive si on en juge en terme de développement économique et sanitaire, si on en juge également dans le cadre d’un humanitarisme planétaire. Aujourd’hui ce n’est peut-être pas totalement vrai et, si on n’y prend garde, les effets négatifs risquent un jour prochain de l’emporter, tout au moins dans l’esprit de beaucoup et les incantations n’y feront rien.

La mobilité sans limites est un facteur incontournable de liberté et il ne faut absolument pas y toucher. Comme toute affirmation péremptoire, celle-ci ne me paraît pas totalement fondée et on arrivera peut-être à limiter la mobilité, au delà de tout transfert modal, mais en la répartissant autrement car il n’est pas sûr que ce bien comme les autres soit inépuisable.

L’Etat est le régulateur suprême et ses serviteurs dévoués sont les instruments de sa puissance. Cela fut vrai et le colbertisme eut sa grandeur, mais aujourd’hui où les compétences se sont réparties, où de plus en plus de décisions sont prises localement, où est la légitimité si ce n’est dans l’arbitrage et le respect des règles du jeu, règles du jeu qui doivent faire l’objet d’un accord suffisant même auprès des minoritaires (relisons Paulinien et Tocqueville !) L’exemple du Mont-Blanc aujourd’hui est intéressant : tant d’efforts, de part et d’autre, pour ou contre, pour une souris ; mais que disent les riverains des routes d’accès au Fréjus ?

Le système autoroutier français est un modèle que nous pouvons et devons exporter. Cela a sans doute été vrai mais le système est maintenant malade de son succès et, les évolutions se faisant en France plus par saccades que dans la continuité, je crains que, dans quelque temps, des questions comme la séparation des responsabilités financières (gardien de l’argent public) et techniques (gardien de la sécurité publique), le mode de perception des péages et leur champ d’application et bien d’autres reçoivent plus de réponses à l’étranger que chez nous et que des questions concernant les libertés soient éludées ou ne reçoivent que des réponses de principe.. Il est de mode chez nous de critiquer certains de nos amis qui viennent avec insistance chercher des éléments de réponse à leurs problèmes alors qu’ils ont parfaitement raison de le faire et que nous devrions consacrer infiniment plus d’énergie à faire de même.

En matière de sécurité routière il faut poursuivre un discours et des actions qui fassent que les règles soient acceptées et intégrées. Puis-je dire à ce propos que je n’ai pas vu grand changement dans le discours depuis vingt ans, est-ce parce que c’est le seul à tenir, ce qui est possible mais mériterait d’être confirmé, ou parce que tout autre discours violerait trop de tabous.

Enfin je crains d’avoir à dire que le côté encore dictatorial de la gestion administrative des routes en France a comme un léger et délicieux parfum des choses passées. La place laissée à la société civile reste trop faible et il importerait là comme ailleurs de regarder ce qui se passe autre part, surtout chez ceux qui développent des formules radicalement différentes des nôtres qu’il s’agisse de la part du public dans les décisions ou du mode de dévolution des marchés (pensons aux contrats de performance par exemple). La nouvelle étape de décentralisation qui commence maintenant apportera peut-être l’impetus nécessaire pour faire bouger les choses. Je l’espère, à regarder en arrière, je n’en suis pas si sûr.

L’épopée de la route à laquelle j’ai eu la très grande chance d’assister a commencé par de nombreuses missions d’ingénieurs français à l’étranger, par le retour de bien des expériences faites outre-mer, par le face-à-face avec des problèmes insoupçonnés. Tout ceci a été profitable et on s’est complu dans les résultats obtenus, ce qui, à la longue, est sans doute moins bon !

Nous ne sommes pas meilleurs que les autres et nous avons tout intérêt à aller apprendre des autres sans idées préconçues. L’AIPCR est pour cela une machine bien huilée et institutionnelle, indispensable à condition de l’utiliser avec humilité. Elle ne doit pas être l’unique objet des préoccupations de nos services " à l’international " qui doivent rester ouverts au vent du large. Il faut sortir et s’aérer, nous sommes le peuple le plus intelligent dans le plus beau pays du monde, bien sûr, comme chacun le dit de son lieu de naissance, mais ce n’est pas une raison pour ne pas aller voir ce que font les autres..

Siegfried, celui de Giraudoux bien sûr, revenant en France après sa guérison, disait aux généraux allemands qui l’accompagnaient : " Je serai le Français au visage ouvert. ", preuve s’il en fallait que nous sommes en général fermés et tournés vers nous-même, mais que parfois peut-être nous pouvons " ouvrir notre visage ". Je ne l’ai pas beaucoup vu faire pendant ces dernières années et j’ai participé à beaucoup plus de réunions vantant notre savoir-faire, ce qui est peut-être commercialement correct, que de missions pour s’informer de ce qui bouge chez les autres, ce qui est sans doute stratégiquement plus efficace.

Soyez donc, je vous en prie, des Français au visage ouvert.

Tout ceci bien sûr ne pouvait être dit que par un retraité car, ainsi, cela ne tire guère à conséquence.

Arrivé en ce point du discours il me faut répondre à l’attente narquoise de ceux qui s’étonnent de n’avoir pas encore cédé à ma persomanie vaniteuse. J’ai longtemps cherché, j’ai trouvé l’anecdote chez un auteur ancien, poète fameux le grand Nizami de Gandji : Nârsi avait trois fils : le premier était mage, le second collectait les taxes sur les chemins, le troisième était chargé de l’armée et de la ville Si on retrouve bien là les trois fonctions chère à Georges Dumézil : droit et magie, guerre, fécondité et économie, la troisième fonction (ici citée en second) prend la forme du péage routier ; on voit à quelle hauteur mythique nous élèvent les concessions.

Mais une fois sacrifié brièvement à une mauvaise réputation qui n’en mérite pas plus, je veux redevenir plus sérieux pour vous dire combien je suis intimement persuadé que de toute une carrière le plus important ce sont les gens que l’on a rencontré : ceux qui font chaud au cœur dont un certain nombre sont là, je m’en réjouis profondément, pas tous hélas et je le déplore tout aussi profondément, et ceux qui font froid dans le dos dont aucun n’est là à ce que je sache. Car, c’est un lieu commun, c’est avec les autres que l’on avance ou que l’on recule. Vous êtes ceux qui m’ont fait avancer.

Alors si je peux aujourd’hui émettre un souhait, et c’est à mes cadets que je m’adresse, suivant simplement l’enseignement de mes maîtres, c’est que jamais vous n’acceptiez une idée, et provisoirement encore, que vous ne l’ayez examinée, malaxée, passée à tous les cribles possibles. Ne craignez point qu’on vous accuse de versatilité ; les plus constants en leurs idées sont en général ceux qui n’en ont pas. Renvoyez Descartes dans son poêle, traînez le vieil Immanuel par la perruque, tirez les moustaches du cher Frédéric. Pensez l’impensable : car les paradigmes sont faits pour changer, les scories pour être évacuées et les monuments pour périr. Devenez ce que vous êtes.

J’ai aimé ce que j’ai fait, avec passion parfois, au point d’avoir souvent sacrifié ma famille à mon travail et à ne montrer à mes proches que mes plus vilains aspects. Ma femme et mes enfants m’ont supporté ainsi, m’ont accepté ainsi, même s’ils m’en faisaient parfois le reproche. Je leur dois beaucoup, vous leur devez beaucoup. C’est à eux que vont bien évidemment mes premiers remerciements.

Merci à vous de m’avoir aussi supporté, merci de m’avoir dirigé, infléchi, aidé. Merci d’être vous-même. Merci de m’avoir, aujourd’hui encore pour la dernière fois, écouté avec patience, sans jeter trop de regards concupiscents vers le buffet malgré les gorges qui s’assèchent et les pieds qui s’alourdissent.

Et maintenant bon vent, tous mes souhaits vous accompagnent, que vos vœux se réalisent. Et un beau jour vous verrez que vous ne savez rien, non pas saurez, mais verrez et, si cela vous arrive, ce sera la sagesse.

Voilà, les lampions s’éteignent, le vieux baladin descend de sa corde, on va la démonter, essuyer une dernière fois le maquillage, ranger les chaussons dans la boite. C’est fini ! "

   


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